Interview de Vincent BOUCHER

Extrait de la brochure ENRx "Les Parcs & Les relations Homme-Nature"

Sa famille travaille la terre depuis le 19e siècle, dans le petit village de Barbery au cœur de la grande plaine céréalière du PNR Oise-Pays de France. Son arrière-grand-père cultivait déjà du blé et des betteraves pour la sucrerie du village. Quelques générations plus tard, Vincent Boucher exploite environ 200 ha depuis 1989.

- Je suis revenu en 2010 en « polyculture simplifiée » : blé, betteraves, colza (arrêt des légumes de conserves suite aux départs de l’industriel D’aucy, des pommes de terre), puis en 2013 suite à l’arrêt de la pension de chevaux j’ai gardé 8 hectares en foin, mais j’ai surtout créé des jachères fleuries en complément de mes haies implantées en 2005 pour la biodiversité.

Il fait partie du réseau FARRE, le Forum des agriculteurs responsables et respectueux de l’environnement.

- être un agriculteur respectueux de la nature, c’est garder le potentiel des terres sans le dégrader. C’est mettre en place au niveau de l’exploitation des démarches qui visent à réduire les impacts négatifs des pratiques agricoles sur l’environnement sans remettre en cause la viabilité économique de mon exploitation. En limitant l’utilisation de certains produits, en travaillant au plus près le potentiel des parcelles pour que la culture puisse faire le rendement sans traitements inutiles, en utilisant les innovations technologiques pour mieux répondre aux besoins de nos sols et de nos cultures.

Avec le PNR Oise-Pays de France et le programme « gestion de territoire » de la Région Picardie, il s’est impliqué dans des programmes en faveur de la biodiversité (2005 et 2013).

- Les haies et les jachères fleuries sont des réservoirs pour la petite faune (les lièvres, les perdreaux, les chevreuils, les petits oiseaux « des campagnes » sont revenus sur l’exploitation) et pour les insectes (coccinelles, syrphes, carabes, etc.) qui sont pour nous des auxiliaires de culture. Depuis 2005, j’ai replanté 2,7 km de haies. En 2013, j’ai également participé au programme de préservation des corridors écologiques pour les chauves-souris.

Vincent Boucher ouvre son exploitation dans le cadre des Fermes de rencontres de FARRE (son projet d’exploitation est visible sur le site FARRE et maintenant #agridemain ) et pour le PNR :

- Communiquer avec le public, c’est primordial. Nous sommes responsables de nos pratiques et il faut montrer que depuis les années 80, l’agriculture change et que nous agissons aussi en faveur de notre environnement.