Interview de Sébastien MEZIERE

Extrait de la brochure ENRx "Les Parcs & Les relations Homme-Nature"

Il a une approche à la fois scientifique, technique, philosophique et poétique de la nature. Un rapport intuitif et sensible à son environnement dont il a fait son métier.

- La nature, on ne s’en rapproche que pas à pas. Est-ce qu’on parvient un jour vraiment à la rencontrer ? Je ne sais pas, mais pour moi, c’est une quête perpétuelle de la comprendre. Nous les hommes impactons la nature... J’essaie tant bien que mal de rentrer dans un cheminement inverse – cela rejoint peut être la notion d’empreinte écologique – faire partie d’elle, ne pas être un étranger, un opposant, un destructeur. La nature est universelle. Quelle que soit la perception, les enjeux, les intérêts écologiques ou économiques, elle nous renvoie à la profondeur la plus intime de notre notion d’humanité. Je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse ne pas être ému par un coucher de soleil, un bel oiseau. Aujourd’hui on parle beaucoup de la quête du bonheur, devenue tellement associée à des modes de consommation. Je me bats pour partager le bonheur qui est le mien dans la nature. Il n’y a rien qu’on ne puisse acheter qui procure un plaisir aussi profond, ancestral.

Au coeur de ses missions : la gestion et la préservation des milieux naturels,

- des espaces menacés qui, du fait de l’abandon des pratiques humaines ou de la dynamique naturelle, nécessitent l’intervention de gestionnaires : réaliser un diagnostic, hiérarchiser les enjeux, planifier des travaux, et évaluer dans le temps la pertinence de ces interventions.

Parmi celles qui ont marqué Sébastien, la reconquête des coteaux calcaires de Colembert entreprise en 2010. 

- Nous avons restauré ce milieu en y associant les habitants, la commune, en créant une passerelle avec un éleveur formidable qui a investi dans un troupeau de moutons boulonnais. Les randonneurs, les gens du village vont pouvoir s’émerveiller de tout ça.

Ce qui ne l’empêche pas de se remettre en question : 

- Il est très orgueilleux de prétendre contrôler la nature quand on ne connaît qu’une part infime de son fonctionnement. Un coteau calcaire, ne faudrait-il pas le laisser s’embroussailler naturellement ? Nous avons des visions à l’échelle de nos vies, mais à l’échelle du très long terme ? Tout cela pourrait continuer sans nous...