Interview de Jean-Jacques STENVEN

Extrait de la brochure ENRx "Les Parcs & Les relations Homme-Nature"

Osmose. Entre une nature et un homme, à travers la peinture. La première exposition de Jean-Jacques Stenven remonte à 1977, à Flines-Lez-Râches, d’où il est originaire. Parmi les dernières, celles du musée de la Tour abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux en 2014 et tout récemment à la Bibliothèque Marceline Desbordes-Valmore à Douai.

- La nature c’est viscéral et il a fallu que je l’exprime par le dessin. Avec cette idée de la peindre telle qu’elle est mais surtout telle que je la ressens.

Tous les jours, il part, croquis à la main.

- Je travaille dans les limites du Parc naturel régional Scarpe-Escaut, à 20 km à la ronde. J’ai fait toute mon œuvre sur la proximité, sur la banalité du quotidien qui est une forme de méditation sur les choses ordinaires. Dans le Parc, il y a une mouvance des regards, des jeux d’interstices, d’espaces, des parties boisées, des étendues d’eau... L’eau qui joue largement à travers la Scarpe ou plus petitement à travers les mares, la forêt de Marchiennes, des endroits très cachés, des petites huttes. Il y a des endroits que j’appelle des îlots de paix. Les lumières s’accrochent différemment, elles glissent, c’est extraordinaire !

Pourtant, c’est dans l’intimité de son atelier, la nuit, qu’il prolonge cette fusion avec la nature à travers l’acte de peindre.

- Je travaille de mémoire. De façon à ne pas être trop en contact avec cette réalité de la nature qui quelque part m’effraie car elle est imprenable, difficilement accessible. Je puise dans la nature un contact charnel. Il m’arrive de serrer un arbre, sentir cette énergie intérieure. Il peut même m’arriver de leur parler, d’invectiver quand je les dessine, en leur disant mais quelle idée d’être si compliqués !

Son autoportrait ? Des saules têtards...