Coteaux calcaires

Les coteaux calcaires sont des milieux fragiles et rares dans la région. Ils se présentent sous la forme de petits ensembles d’une dizaine d’hectares dans les PNR de l’Avesnois et des Caps et marais d’Opale.

Un coteau calcaire, c'est quoi ?

Les coteaux calcaires sont des paysages particuliers caractérisés par un relief en forme de colline et un sol constitué principalement de craie. Leur sol est sec et pauvre car la craie laisse l’eau de pluie s’infiltrer très rapidement. Le relief des coteaux associé à l’exposition au soleil et aux propriétés drainantes de la craie créent des conditions écologiques particulières qui favorisent le développement d’une végétation adaptée à ces conditions.

Les coteaux calcaires peuvent être colonisés par une végétation herbacée basse d’une vingtaine de centimètres de haut : les pelouses calcicoles, qui accueillent de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées. Autrement, ils sont couverts de boisements dont l’intérêt écologique est moindre

coteau boulonnais

Damier-de-la-Succise

Où les trouve-t-on en région ?

Dans le Nord – Pas de Calais, les coteaux calcaires sont limités au Boulonnais, au pays de Licques, à l’Artois et au sud de l’Avesnois. Ils ne couvrent actuellement qu’une très faible superficie de la région. Ils sont majoritairement représentés dans le département du Pas-de-Calais, les coteaux de l’Avesnois ne couvrant qu’une quarantaine d’hectares. De tels coteaux existent également dans le comté du Kent (Angleterre) et font partie d’un ensemble géologique qui était autrefois d’un seul tenant.

Une partie des coteaux calcaires appartient aux communes, au Département du Pas-de-Calais et au Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (pour le cap Blanc- Nez). Le reste appartient à des propriétaires privés

Quelles sont leurs particularités ?

Les pelouses calcicoles sont issues du défrichement des coteaux calcaires menés par l’Homme depuis la Préhistoire jusqu’au Moyen Âge pour l’exploitation du bois et les premiers élevages. Le pâturage itinérant par les moutons a maintenu ces milieux pendant des siècles en limitant le retour naturel des ligneux (arbres et arbustes). Aujourd’hui, les pratiques agricoles à l’origine de ces milieux n’ont plus cours, laissant le champ libre à la réapparition du boisement et à la disparition des pelouses et des espèces rares qu’elles contiennent.

Il s’agit donc  aujourd’hui à  la  fois de  protéger ces  milieux exceptionnels mais aussi et surtout de les gérer pour limiter le retour des ligneux par des moyens naturels (pâturage) ou mécaniques (fauche).

Quelles espèces remarquables y trouve-t-on ?

Les coteaux calcaires sont des réservoirs de biodiversité : ils accueillent une faune et une flore particulières. Par ailleurs, les coteaux calcaires sont un refuge potentiel pour les espèces méridionales en cas de modifications climatiques.

Les animaux présents dans ces milieux  apprécient les environnements chauds : des criquets (Criquet de la phalène) et des papillons (Damier de la Succise) qui se développent sur la végétation spécifique des coteaux, des oiseaux (Bruant jaune) qui apprécient les végétations basses parsemées d’arbres, des chauves-souris (grand Rhinolophe) qui s’installent dans les galeries creusées dans la craie, ou encore des lézards (Lézard vivipare) et des serpents (Vipère péliade).

La végétation des pelouses calcicoles est composée de plantes typiques des pelouses sèches (Marjolaine, Hélianthème jaune, Gentiane d’Allemagne, etc.) et d’orchidées (Ophrys, Orchis, etc.). Dans les secteurs en bas de pente où l’eau s’accumule à cause de la présence de sols moins perméables (marnes), quelques espèces de milieux humides comme la Parnassie des marais peuvent se développer.

Quelques chiffres-clés en Nord – Pas de Calais (d’après SRCE-TVB, 2014)

- Superficie des coteaux calcaires : 4 680 ha
- 2% des réservoirs de biodiversité

Quelques sites régionaux pour les découvrir grandeur nature

- Réserve naturelle nationale de Wavrans-sur-l’Aa (62)
- Réserve naturelle régionale des Monts de Baives (59