Interview de Sylvie CAPRON

Extrait de la brochure ENRx "Les Parcs & Les relations Homme-Nature"

Affectée à la mission de préfiguration du Parc naturel Oise-Pays de France depuis 1998, Sylvie Capron, directrice, est aux commandes de cette « maison » et de son équipe depuis sa création officielle en 2004. Spécialiste de l’aménagement du territoire, elle dévoile une vision réaliste et pointue de la nature de son territoire :

- Toute la nature ici a été depuis très longtemps modifiée par l’homme : la forêt, les parcs et jardins, tous les étangs ou les cours d’eau. Nous évoluons dans un territoire très forestier et ce sont finalement tous les espaces sur sol pauvre qui concentrent le plus de biodiversité : les landes, les pelouses calcaires, les anciennes carrières, le golf et le centre d’essai automobile de Mortefontaine, le parc Astérix... Et paradoxalement ils n’ont pas le visage de nature que l’on attend !

La situation de carrefour au sein du continuum forestier du bassin parisien qu’occupe le territoire caractérise également la raison d’être du PNR-Oise Pays de France.

- Le PNR a pour mission première de préserver la nature de son territoire, les espèces faunistiques et floristiques et les sites d’intérêt écologique. Ce qui est un peu plus spécifique chez nous, c’est la préservation des corridors inter-forestiers. Le massif des trois forêts est à un carrefour entre les forêts franciliennes : Carnelle, L’Isle-Adam et Montmorency et les forêts picardes : Compiègne, Retz, Saint-Gobain, c’est un axe important de notre travail.

Missions qui s’articulent également aussi autour de la sensibilisation des populations.

- Je suis très pessimiste sur la conscience écologique des gens. Je pense que c’est le fait d’un nombre assez réduit et j’espère que ce n’est pas un phénomène de mode.

Elle s’avoue fière néanmoins du travail accompli par son équipe. En particulier autour des programmes pédagogiques ou du réseau des correspondants, ces bénévoles relais des actions menées par le Parc. Sa vision du territoire pour l’avenir ?

- Qu’il soit le plus diversifié et le moins artificialisé possible. Que le PNR ne devienne pas un îlot préservé autour d’une région parisienne totalement urbanisée. Nous résistons à la poussée du grand Paris, mais ce n’est pas simple.

La bonne nouvelle, c’est que la nouvelle charte, en vigueur en 2018, pourrait être signée par 86 communes, soit 27 de plus qu’il y a 12 ans...