Cours d'eau

Un cours d'eau, c'est quoi ?

Les cours d’eau regroupent l’ensemble des écoulements d’eau en surface. Leur taille est très variable : du simple fossé au canal, en passant par les ruisseaux, les rivières ou encore les fleuves. Les cours d’eau sont composés d’un lit mineur (correspondant au niveau le plus bas), d’un lit majeur (correspondant aux zones inondées en période de crue) et de berges plus ou moins végétalisées.

Compte-tenu de la faiblesse du relief et de la géologie du Nord

- Pas de Calais, notre région présente des caractéristiques hydrographiques particulières : il existe un lien étroit  entre l’eau présente en surface et celle stockée plus en profondeur, dans les nappes. Nos cours d’eau sont ainsi principalement alimentés par l’affleurement des eaux des nappes phréatiques plutôt que par les précipitations. L’absence de relief provoque un débit plutôt lent, favorisant ainsi les dépôts de sédiments et l’étalement de l’eau sous la forme de vastes zones humides. La région est dépourvue de grands fleuves.

Où les trouve-t-on en région ?

Le réseau hydrographique occupe 0,6 % du territoire régional. Les collines de l’Artois forment la ligne de partage des eaux. Au sud de cette ligne, plusieurs cours d’eau peu modifiés par l’Homme s’écoulent vers la Manche, comme la Canche, l’Authie et la Liane. Au nord de cette ligne, les cours d’eau ont été modifiés pour la navigation (canaux) et se déversent plutôt vers la Mer du Nord (Scarpe, Escaut, Deûle, Aa, Lys, etc.).

Dans le triangle Saint-Omer – Dunkerque – Calais, les terres conquises sur la mer (polders) sont drainées par un vaste réseau de fossés (watergangs) dans lequel l’écoulement des eaux est maîtrisé.

Dans le Boulonnais et l’Avesnois, le relief présente des pentes plus prononcées que dans le reste de la région : les cours d’eau présentent des débits plus forts et dépendants de la pluviométrie (alimentation par ruissellement).

Les cours d’eau principaux font partie du domaine public fluvial et appartiennent à l’État. Le reste des cours d’eau (rivières, ruisseaux, fossés, etc.) relève de la propriété privée car appartenant aux riverains.

Quelles sont leurs particularités ?

Depuis le Moyen Âge, l’Homme a modifié le réseau hydrographique en fonction de ses besoins. La faiblesse de la pente a permis la création d’un dense réseau de cours d’eau canalisés permettant la circulation des marchandises au sein des différents bassins versants, contribuant ainsi au développement de l’industrie. La région Nord – Pas de Calais comporte aujourd’hui environ 650 km de canaux.

L’industrie, l’agriculture et le développement urbain ont profondément dégradé la qualité de nos cours d’eau, entraînant des pollutions par les rejets urbains et industriels (produits chimiques,  métaux lourds),  les engrais et  les pesticides. Cette dégradation de l’eau a entraîné un effondrement de la biodiversité associée aux cours d’eau. Aujourd’hui, la reconquête de la qualité de nos cours d’eau passe par la maîtrise des pollutions et par des aménagements visant à retrouver des habitats en bon état et fonctionnels.

Quelles espèces remarquables y trouve-ton ?

Les cours d’eau accueillent une flore et une faune très diversifiées qui s’établissent en lien avec une large palette de conditions (débit, vitesse d’écoulement, température de l’eau, largeur du cours d’eau, profondeur, pente, etc.). La faiblesse du courant est favorable à l’implantation de plantes aquatiques (lentilles d’eau, nénuphar, sagittaire) ou semi- aquatiques (roseaux). Les berges sont colonisées par des végétaux amphibies comme la Renoncule aquatique, le Butome en ombelle, l’Iris faux-acore ou par des arbres recherchant des milieux humides (Saule blanc, Aulne glutineux).

De nombreux animaux dépendant des cours d’eau. Ils peuvent s’installer directement dans l’eau pendant toute ou partie de leur vie : des larves d’insectes (Phryganes), des libellules (Caléopteryx, agrions), des poissons en partie introduits par l’Homme (Carpe, Brochet, Truite, Chabot) et des amphibiens (grenouilles, tritons). Ils peuvent aussi vivre hors de l’eau et exploiter les ressources alimentaires proposées par les cours d’eau : des oiseaux (Cincle plongeur, Grèbe castagneux, Bergeronnette des ruisseaux, Martin-pêcheur, Hirondelle de rivage), des chauves-souris (Murin de Daubenton), etc.

Les cours d’eau et leurs berges (ripisylves, roselières et bandes enherbées) lorsqu’elles sont végétalisées sont décrits comme des corridors pouvant être utilisés à la fois par la faune terrestre et aquatique, conjuguant ainsi le vert et le bleu des trames écologiques.

 

 

Quelques chiffres-clés en Nord - Pas de Calais (d’après SRCE-TVB, 2014)

- Linéaire total des cours d’eau : environ 6 900 km

Quelques sites régionaux pour les découvrir grandeur nature

- La vallée de l’Authie (62)
- La vallée de la Scarpe (59)